•Botanique et histoire
De la famille des Santalacées et originaire d’Europe, d’Asie et d’Afrique du Nord, le gui est une plante qui ne pousse pas dans la terre. Viscum album est quant à lui originaire des régions tempérées d'Europe c’est de lui dont on va parler. D'autres espèces existent, y compris en Australie, dont certaines se fixent aussi sur les racines d'arbres. C’est un arbrisseau sphérique dioïque dit hémiparasite (car il contient un peu de chlorophylle) qui ne possède pas de racines, ses tiges sont articulées, les feuilles vertes ovales et spatulées sont parcourues par cinq nervures. Elles sont persistantes et disposées par paires symétriques.4 Les fleurs sont jaunâtres et les fruits sont constitués de petites baies blanches qui apparaissent en hiver quand la nourriture se fait rare. Toxiques pour l'homme, ces baies sont appréciées de certains oiseaux, des grives notamment, mais aussi de la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) et de la sittelle torchepot (Sitta europaea) qui participent à la dissémination du gui par leur fiente contenant des graines non digérées qui viennent se fixer sur les branches.
•Phytothérapie et usages
L’usage interne du gui est limité aux feuilles et aux tiges, car ses fruits sont toxiques. Il peut être ralentisseur du processus cancéreux ; antiscléreux, immunostimulant (à doses plus faibles, non toxiques, (augmentation de cytokines par les monocytes), hypotenseur, purgatif, antispasmodique, diurétique. Il est utilisé durant la ménopause et pour soigner les personnes souffrant d'artériosclérose. Par ailleurs, le gui calme les symptômes de toux, de céphalée, de bourdonnements d'oreilles. Le gui contient entre autres de la lectine -qui a une activité anti-tumorale- et des viscotoxines6 (dont la teneur varie en fonction de l’espèce végétale hôte), des flavonoïdes, phénylpropanes, lignanes…
•Contre-indications
L’utilisation du gui à des fins thérapeutiques doit se faire sous la supervision d’un thérapeute.
•Galéniques
Teinture-mère, macérats glycérinés, préparations spécifiques injectables de gui fermenté dans certains pays, poudres, macérations, infusions, extraits fluides, gélules.
•Anecdotes
Très utilisé autrefois par les druides qui recherchaient en priorité le gui de chêne, très rare (Le chêne opposerait une barrière chimique empêchant la pénétration du Gui dans le rameau. Il ne peut se développer que sur des chênes ayant une déficience génétique, ce qui explique sa rareté2. Pour les druides qui considéraient la touffe de gui apparue sur un chêne rouvre comme un signe sacré arrivé du ciel. Selon Pline, ils en pratiquaient la coupe le sixième jour de la lune au moyen d’une faucille en or, recueillant les précieux rameaux dans une tunique blanche. Le gui reste en Europe une plante traditionnelle qui, avec le houx, sert d'ornementation pour les fêtes de Noël et de fin d'année. Une boule de gui peut fabriquer près de 30 000 graines en 35 ans, 1 seule sur 10 ou 15 000 donnera un nouveau pied 3.
Les francophones l'appellent aussi bois de Sainte Croix, glu, verquet, blondeau, vert de pommier ou bouchon1.
Article rédigé par Karine Pélissier Praticienne Naturopathe karine-pelissier.com
Sources :,
1 Jean-Claude Rameau, Dominique Mansion et Gérard Dumé, Flore forestière française : Guide écologique illustré, t. 1 : Plaines et collines, Paris, Institut pour le développement forestier, 1er janvier 1989, 1785 p
2 Aline Raynal-Roques, Agenda botanique 2010, Belin, 2009
3 « Le Gui », La Hulotte, Passerage, no 48, 1er mai 1981
4 wikiphyto
5 passeportsante.net
6 Pae HO, Seo WG, Oh GS, Shin MK, Lee HS, Lee HS, Kim SB, Chung HT. Potentiation of tumor necrosis factor-alpha-induced apoptosis by mistletoe lectin. Immunopharmacol Immunotoxicol. 2000 Nov;22(4):697-709
Les indications données ne remplacent en rien un avis médical, il peut y avoir des contre-indications.